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Cette initiative réunit des professionnels de la santé, des décideurs politiques et des chercheurs afin d’accorder une plus grande attention à la santé mentale des femmes enceintes et des mères au sein du système de santé du Suriname. Cinquante et une personnes ont participé à l’atelier. Cette forte participation témoigne de l’importance de cette question auprès des professionnels de santé. Au cours de la rencontre, il a été souligné que les problèmes de santé mentale pendant et après la grossesse passent souvent inaperçus, malgré leur impact potentiellement important sur la santé et le bien-être de la mère ainsi que sur le développement de l’enfant. Grâce à une identification précoce et à une orientation appropriée vers les services concernés, les organisateurs souhaitent contribuer à de meilleurs résultats en matière de santé et à un soutien accru aux familles.
La journée a débuté par un mot de bienvenue de Timothy Mendonça, président du Rotary Club of Paramaribo Residence, suivi de l’allocution d’ouverture du Dr Raj Jadnanansing, secrétaire d'Etat au ministère de la Santé, du Travail et de la Protection sociale. Le secrétaire d'Etat a indiqué qu’environ 90 % des problèmes de santé mentale demeurent non traités. Ce pourcentage alarmant exerce une pression considérable sur le système de santé et sur la société dans son ensemble.
La neuropsychologue Sila Kisoensingh, de la Kliniek Kiros, a présenté un exposé sur l’importance de la santé mentale maternelle. Elle a indiqué que 27,5 % des femmes enceintes connaissent des niveaux élevés de stress, tandis que 18 à 22 % souffrent de dépression post-partum. Cette présentation a été suivie d’exemples pratiques proposés par Pam Zuurbier, chargée de cours en psychologie et chercheuse à la Stichting Perisur, qui ont permis aux participants de mieux comprendre les difficultés rencontrées par les mères et les professionnels de santé.
Une partie importante du programme a été consacrée à la présentation d’une nouvelle liste de contrôle sur la santé mentale maternelle, présentée par le médecin et chercheur Simran Mokiem. Cette liste de contrôle vise à aider les professionnels de la santé à reconnaître rapidement les signes de problèmes de santé mentale pendant la grossesse et la période post-partum.
Ashna Hindori-Mohangoo, chercheuse principale à la Stichting Perisur, a présenté la conception d’un projet pilote qui permettra d’évaluer l’efficacité de la détection précoce dans la pratique.
Les participants ont ensuite travaillé en groupes sur l’application pratique de la check list. Ils ont également discuté des questions à poser pour amorcer des conversations confidentielles avec les femmes enceintes, des approches permettant d’approfondir les échanges et des moyens d’établir une relation de confiance. Les résultats des groupes de travail ont ensuite été présentés et discutés en séance plénière, avec une attention particulière portée à la faisabilité et à la mise en œuvre de la check list dans différents établissements de santé.
Les participants ont également partagé des exemples concrets tirés de leur propre expérience professionnelle. Ces témoignages ont davantage démontré l’ampleur des problèmes de santé mentale maternelle rencontrés dans le milieu de travail et ont mis en évidence l’importance de reconnaître ces problèmes à un stade précoce.
Après le déjeuner, l’attention s’est portée sur les procédures d’orientation pour les femmes ayant besoin d’un soutien supplémentaire en matière de santé mentale.
Selon les organisateurs, cette rencontre représente une étape importante vers une approche intégrée de la santé mentale maternelle au Suriname. Grâce à la collaboration entre le gouvernement, les établissements de santé, les organisations de la société civile et les chercheurs, l’initiative vise à sensibiliser davantage la population et à améliorer l’accès des mères à des soins et à un soutien appropriés.
Le programme s’est conclu par une discussion collective sur les prochaines étapes et par l’ambition de mettre en œuvre les outils développés à plus grande échelle au sein du système de santé.
« Investir dans la santé mentale des mères, c’est investir dans la santé et l’avenir des familles et de la société dans son ensemble », ont déclaré les organisateurs.


